15.10.2006
Gaz carbonique
12:40 Publié dans Journal biodégradable | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture, Littérature
19.09.2006
Crème antirides aux extraits de bégonia
C’est très ennuyeux les peaux sèches quand on vient à mourir. Après quelques jours de ce régime funeste, privées de soleil et de compléments vitaminés, elles tombent sans espoir d’être remplacées. Il aurait fallu que je le mette en garde et que dans le même temps je le rassure. Il s’agissait rien moins que d’un remède miracle, le dernier-né des bureaux de marketing de L’Oréal, aux vertus apaisantes autant qu’amaigrissantes (encore que dans son cas, la surcharge pondérale ne risquait plus d’être un problème – il y a un certain nombre d’avantages à devenir cadavérique, on l’oublie trop souvent), vertus démontrées scientifiquement, eh oui chère madame. Je lui expliquerais comme je l’avais fait à l’attention de clientes (et désormais de clients) qui le valaient bien, comment l’utiliser, quels bénéfices ils en tireraient (bien qu’il était douteux que l’on puisse en tirer un quelconque bénéfice), quelles précautions prendre, point en réalité beaucoup plus important car il n’était pas douteux qu’en contre partie d’un bénéfice imaginaire, des dommages, bien réels, eux, en cas d’une mauvaise utilisation, puissent être occasionnés. Ce qui valait souvent des conseils tels que : pressez délicatement le tube pour extraire une certaine quantité de crème, ni trop, ni trop peu, recueillez la crème dans le creux de vos mains, étalez la sur la partie du corps que vous désirez hydrater, massez jusqu’à son absorption complète en prenant soin de ne jamais perdre de vue que la cornée ne doit pas être confondue avec de la peau. Contemplez le résultat. Je brode : vous sentez la fraîcheur, l’hydratation, le bien-être (au choix, l’important est le verbe qui suit) qui se propage partout dans votre corps, sur votre peau, quelque part dans le cosmos (au choix) ?
Je regarde le visage des passagers, pressés les uns contre les autres : où étaient-ils, ces gens si pressés de rejoindre leur lieu de travail quand on portait sa dépouille en terre ? Il n’y a pas à dire, tout le monde se fout d’Alfred Maznec, malgré ce que sa femme affirme selon quoi il aurait laissé une œuvre, sa femme dont il me reste, à moi, les derniers soubresauts de parfums qu’elle abandonnait avec grâce le jour de l’enterrement. Partie pour une autre vie, elle l’avait laissé à son grand œuvre, il avait continuait de travailler, sans que personne ne réussisse à se représenter la forme de son travail. Tout le monde s’en fout, Alfred. Non seulement, le monde avait ignoré sa mort, mais il ignorerait son œuvre. Comment pourrait-il en être autrement ? Rien. N’avait-il tout simplement rien à écrire, avait-il rapidement pris conscience que ce qu’il écrivait n’avait pas grande valeur et après avoir effacé toute trace de ses tentatives, il avait préféré cette posture à la recherche d'une autre vie. A moins qu’il se fût rêvé en Joseph Joubert ; il n’avait pas rencontré Chateaubriand mais un rédacteur de modes d’emploi. On a l’époque que l’on mérite.
Je ne connaissais pas Joseph Joubert jusqu’à peu, pas même un souvenir d’école presque effacé. Une recherche rapide m’apprend qu’il n’a jamais rien publié si ce n’est quelques articles. Et qu’il faudra que des amis proches publient ses carnets et sa correspondance ainsi qu’un hommage de Chateaubriand pour que son nom connaisse une relative postérité. Seulement, Maznec, à première vue, avait tout détruit, si tant est qu’il n’eût jamais écrit quoi que ce soit. Ce qui n’était pas assuré. Pouvait-on le considérer comme un nouveau Frenhofer, dont l’art est si prodigieusement en avance qu’il en est (banalement) invisible. Et devant les ricanements de Poussin, l’artiste de brûler son œuvre maîtresse (et maîtresse tout court) et lui avec. Frenhofer… Mais lui, au moins, avant de faire disparaître son œuvre l’avait-il peinte.
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14.09.2006
Des angelots bouffis
00:50 Publié dans Journal biodégradable | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture
13.09.2006
Le bégonia qui se rêvait palmier
01:05 Publié dans Journal biodégradable | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture
12.09.2006
Oraison
01:00 Publié dans Journal biodégradable | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture

