14.01.2006
Préambule
Il était une époque où les Noms, à moins qu’il ne se fût agi de celui qui alors les maniait, avaient encore le pouvoir de s’arracher à leur utilisation pratique, chacune de leur syllabe s’enflait, s’épaississait, se superposait de légendes, alors que désormais, pour ceux qui continuent à échapper au sort pragmatique de leur usage, la seule exagération, le seul enrichissement consistent en le miroitement plus ou moins scintillant (en un degré instable, toujours susceptible d’être remis en question) des avantages que la rencontre de celui qu’il désigne (rencontre qu’alors il importait dans un doux déchirement de repousser pour continuer de voir croître l’enflure vaporeuse et chamarrée de ces adjonctions continues) pourra offrir. Non que cette pente n’existait pas déjà mais du moins n’était-elle pas la fin dernière des rêveries nominales. Désormais, on ne sait plus que mesurer le Nom au poids des avantages ou des inconvénients qu’il porte par devers lui. Il est vrai aussi que le Nom, support de rêverie, était tout autant nom de personne que nom de lieu – de ville particulièrement. Mais là encore, de la rêverie ne reste plus qu’une énumération de qualités objectives, cherté de la vie, liste des monuments incontournables, dangerosité, etc. Des revues spécialisées, régulièrement, publient des classements nationaux, européens ou mondiaux des villes les plus attractives pour les investisseurs. Un chapelet de caractéristiques décortique les villes étudiées selon des angles qui, sans doute, ne seraient jamais venus à l’idée de leurs habitants de prendre en compte et, de toute façon, que ni le flâneur, ni le promeneur, au gré de ses divagations urbaines, n’aurait su rapporter à ces listes interminables toutes en chiffres, pourcentages, et graphiques ; pas plus le marcheur indolent que l’homme pressé n’aurait réussi avec plus de succès à établir un rapprochement entre ses habitudes et les normes dûment étiquetées auxquelles ces revues réduisent la ville moderne.
Un expression, qui partage avec cette passion du classement ce réductionnisme scientiste, a connu un certain succès : le name dropping. Placer, dans une conversation, le maximum de noms de célébrités (c’est tout un art), au gré des centres d’intérêt des participants, dans l’espoir que ces manières de paon vous confèreront un peu de la gloire ainsi brigandée à ces noms devenus qualités objectives d’une vie passée à évaluer leurs mérites médiatiques.
En un mot, une rubrique pour évoquer des noms, propre ou commun, rien de plus.
Un expression, qui partage avec cette passion du classement ce réductionnisme scientiste, a connu un certain succès : le name dropping. Placer, dans une conversation, le maximum de noms de célébrités (c’est tout un art), au gré des centres d’intérêt des participants, dans l’espoir que ces manières de paon vous confèreront un peu de la gloire ainsi brigandée à ces noms devenus qualités objectives d’une vie passée à évaluer leurs mérites médiatiques.
En un mot, une rubrique pour évoquer des noms, propre ou commun, rien de plus.
19:55 Publié dans Rêverie nominale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture


Commentaires
Mon commentaire s'est effacé,quelques mots flottent encore sur le bassin des Nympheas: sécateur, "Paris, capitale du XIX° siècle ",panier,bonne idée ..les noms...
Ecrit par : horticulteur cuistre | 14.01.2006
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